Ethiopie: les réfugiés érythréens, victimes collatérales du conflit au Tigré


L'opération militaire lancée par le Premier ministre Abiy Ahmed ayant rendus les Érythréens réfugiés en Ethiopie plus vulnérables que jamais. Près de 100.000 réfugiés résidaient dans quatre camps du Tigré lorsque, début novembre, les combats opposant le gouvernement éthiopien aux autorités régionales, issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), ont commencé. Au nord du Tigré, les camps Hitsats et Shimelba ont été pris dans les hostilités et ne sont toujours pas accessibles ni à l'agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR), ni à l'agence éthiopienne en charge de ces populations (ARRA).


L'Erythrée et l'Ethiopie se détestaient depuis la guerre meurtrière de 1998 à 2000, à l'époque où le TPLF contrôlait tous les leviers du pouvoir à Addis Abeba. Mais après son arrivée en 2018, Abiy Ahmed a opéré un rapprochement historique avec l'Erythrée et son président. Les relations entre les deux restent cependant exécrables, faisant peser une menace directe sur les réfugiés érythréens.


Fin novembre, lorsque les combats ont atteint le camp de Hitsats, des miliciens pro-TPLF, furieux d'être défaits par des troupes érythréennes, ont ciblé en représailles les réfugiés. Certaines milices ont stationné pendant des semaines aux abords de ce camp, empêchant les réfugiés, tenaillés par la faim, d'aller chercher de la nourriture, et tuant certains de ceux qui s'y risquèrent quand même. .


Dans les camps, nombreux sont les réfugiés qui ont fui l'Erythrée pour échapper à son service militaire, qui a valu au pays le surnom de "prison à ciel ouvert". A Mai Aini, des nouveaux arrivants racontent manquer toujours d'eau potable et de place pour dormir. Mais leur plus grande crainte, c'est leur sécurité.


AFP