Faire un compromis, est-ce se compromettre puisqu'il s’agit de revenir sur sa parole ?


La notion de compromis est très largement utilisée de nos jours dans le cadre relationnel et politique, afin que chacun puisse agir en suivant ses convictions et valeurs dans la limite établie par le compromis. Faire un compromis c’est alors revoir conjointement sa position et faire des efforts afin que la relation puisse se poursuivre. Le compromis est alors le résultat d’une volonté commune qui s'accorde sur un consensus.


Pourtant, nous pourrions finir par nous compromettre et nous retrouver dans une situation de crise qui nous exposerait au jugement d’autrui. Un bon compromis est donc un compromis dans lequel personne ne se compromet. Or une personne qui passe beaucoup de compromis semble perdre en légitimité : jusqu’à quel point est-elle prête à reculer ? Quelle valeur peut-elle défendre si elle ne cesse de revoir et de modifier ses engagements ? Quelle est la limite à ne pas dépasser dans le compromis pour ne pas tomber dans la compromission ?


Machiavel dans son ouvrage Le Prince conseille de pouvoir s’adapter à la situation : il s’agit de la virtu du prince qui doit être capable de diriger malgré les circonstances qui se présentent à lui. Le compromis revient donc à s’adapter à une situation donnée qui permet d’obtenir une chose favorable à son adversaire ou son interlocuteur. « Un accord partiel est toujours bon à prendre ; qu’il soit temporaire est mieux que rien. Je sais qu’agir, c’est se salir les mains et je l’accepte » écrit ainsi le diplomate et ancien ambassadeur Gérard Araud dans ses mémoires Passeport diplomatique.


Le compromis est alors une solution bilatérale qui permet aux deux parties d’atteindre leur objectif, ou du moins en partie. En ce sens, un homme pourrait compromettre ses valeurs en refusant un compromis qui lui ferait atteindre ses objectifs en partie.


Auteur: Mylène Geliot

Rédacteur en chef: Anouck L