Fermeté ou ouverture, Biden doit trancher face à la Corée du Nord


Défié par Pyongyang qui a tiré deux missiles balistiques et n'a jamais stoppé son programme d'armes nucléaires, le président américain Joe Biden va devoir trancher sa stratégie face à la Corée du Nord: davantage de pression ou une nouvelle ouverture diplomatique? Les Etats-Unis avaient pris soin de minimiser les missiles de croisière tirés dimanche, soulignant qu'ils n'étaient pas interdits par les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU et qu'ils se situaient tout en bas du spectre des provocations nord-coréennes. Il en va autrement des essais de jeudi: il s'agit cette fois de deux missiles balistiques de courte portée, passibles de sanctions selon les résolutions onusiennes. Au-delà de la réponse immédiate, le gouvernement de Joe Biden met au point sa stratégie face à la Corée du Nord, après la tentative de diplomatie directe de son prédécesseur Donald Trump avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, qui n'a permis aucune avancée sur la dénucléarisation du pays reclus. Un retour aux pourparlers à six des années 2000, incluant aussi la Corée du Sud, la Russie, la Chine et le Japon, est peu probable. Le nouveau président américain va probablement tenter de relancer un dialogue bilatéral, bien qu'en étroite coordination avec Séoul et Tokyo, et dans l'espoir d'obtenir un coup de pouce de Pékin. Comme de nombreux connaisseurs du dossier, Frank Aum plaide pour une approche plus novatrice et ouverte, où les Etats-Unis accepteraient de discuter "sans conditions préalables" et de lever une partie des sanctions internationales en échange de premières concessions nord-coréennes.


Reuters/AFP