Genou à terre, des agriculteurs alertent sur les suicides et les "fermes qui ferment"


Ils voulaient marquer les esprits: environ 70 agriculteurs de la Coordination rurale se sont rassemblés jeudi à Paris, entourés de mannequins en combinaison de travail pendus à des arbres, pour témoigner du malaise d'une profession qui vend trop souvent à perte, a constaté une journaliste de l'AFP. En l'absence de salon de l'agriculture à cause de la crise sanitaire de Covid-19, la Coordination rurale, deuxième syndicat agricole derrière l'alliance FNSEA/JA, voulait se faire entendre. Chasuble jaune sur le dos, les militants ont posé devant la presse un genou à terre et poing levé, dans un nuage de fumigènes, jaunes également. Parmi les manifestants, le député souverainiste et chef de file de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, écoute. Selon les chiffres les plus récents de la sécurité sociale agricole MSA, 372 suicides d'exploitants agricoles ont été recensés en 2015, soit plus d'un par jour. Mais ce nombre est largement minoré, selon le syndicat, pour lequel on dénombre plutôt deux suicides chaque jour et 1.500 dépôts de bilan par an, faute de prix rémunérateurs. "Deux collègues par jour, c'est insupportable", lâche Dominique Pipet, béret sur la tête et fourche en bois à la main, sur laquelle est placardé le message "Exploité agricole". "On nous a mis sur l'échafaud de la mondialisation", dénonce au mégaphone le maraîcher Sébastien Héraud, également vice-président de la Coordination rurale, qui refuse de "se laisser faire par les écolos bobos urbains qui nous méprisent et veulent nous dicter notre conduite".


AFP/Reuters



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