Georges Tron condamné à trois ans de prison ferme pour viol


La cour d'assises de Paris a condamné mercredi en appel l'ex-secrétaire d'Etat Georges Tron à cinq ans de prison, dont trois ferme, pour viol et agressions sexuelles en réunion sur une collaboratrice de sa mairie de Draveil (Essonne) et l'a placé en détention.


Deux anciennes employées de la mairie de Draveil accusaient Georges Tron de leur avoir imposé des attouchements et pénétrations digitales entre 2007 et 2010, généralement lors de scènes de triolisme avec son adjointe à la Culture d'alors, Brigitte Gruel. Les deux accusés avaient été acquittés en première instance. Au terme d'un délibéré de onze heures, la cour a déclaré l'élu âgé de 63 ans coupable de viol et agressions sexuelles sur Virginie Ettel, mais l'a en revanche acquitté de faits similaires sur l'autre plaignante, Eva Loubrieu. En entendant la décision, cette dernière a éclaté en sanglots et est sortie en trombe de la salle. L'ex-secrétaire d'État a écouté la sentence impassible, sans laisser transparaître la moindre émotion. Dans une atmosphère lourde, il a remis sa montre à son avocat, puis est allé se placer dans le box vitré des accusés. Escorté par des gendarmes, il a été placé en détention. Ce verdict va au-delà des réquisitions du ministère public en ce qui concerne Georges Tron. L'avocat général avait requis cinq ans de prison, dont trois avec sursis, contre l'édile et demandé que la partie ferme de sa peine soit effectuée sous bracelet électronique. Brigitte Gruel a elle écopé de deux ans de prison avec sursis. Pourtant dès le départ, les deux accusés nient en bloc les faits reprochés et soutiennent que les "mensonges” des plaignantes participent à un complot fomenté par les adversaires politiques de Georges Tron dans l'Essonne. En réponse, l'accusation et les parties civiles ont essayé de convaincre la cour que Georges Tron avait exercé une emprise sur ses accusatrices Virginie Ettel et Eva Loubrieu. Selon eux, cet ascendant moral constitue une forme de contrainte. Emmuré dans ses dénégations, Georges Tron a renvoyé durant ce procès l'image d'un homme aux ambitions politiques fauchées et profondément seul.


Reuters/AFP



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