Guerre d'Algérie : Macron reconnaît qu'Ali Boumendjel a été "torturé et assassiné"


Pour réconcilier la France et l'Algérie, près de 60 ans après la guerre d'Algérie, Emmanuel Macron avait promis des "actes symboliques". Il a reconnu mardi, "au nom de la France", que l'avocat et dirigeant nationaliste Ali Boumendjel avait été "torturé et assassiné" par l'armée française en 1957, un geste d'apaisement recommandé par le rapport de l'historien Benjamin Stora. Ce geste "n'est pas un acte isolé", promet Emmanuel Macron dans ce communiqué. "Aucun crime, aucune atrocité commise par quiconque pendant la Guerre d'Algérie ne peut être excusé ni occulté". Le président - qui avait exclu toute "repentance" et "excuses" - a lui-même annoncé cette reconnaissance aux petits-enfants d'Ali Boumendjel en les recevant mardi. À l'époque, l'assassinat de l'avocat avait été maquillé en suicide.


La reconnaissance de ce crime par la France fait partie des préconisations du rapport Stora sur la colonisation et la guerre d'Algérie, afin de résoudre les tensions autour de la mémoire de ce conflit. Ce document, remis le 20 janvier, a soulevé de vives critiques, aussi bien en France qu'en Algérie, notamment pour ne pas avoir préconisé des "excuses" de Paris pour la colonisation.


La puissante Organisation des moudjahidine (ONM), les anciens combattants de la guerre d'indépendance (1954-1962) a accusé Benjamin Stora d'avoir "occulté les crimes coloniaux" de la France en Algérie. Le comité national de liaison de harkis (CNLH), des anciens combattants auxiliaires de l'armée française pendant le conflit, a lui dénoncé un rapport "minimaliste" et demandé que la France reconnaisse "l'abandon et le massacre des harkis, après les accords d'Evian et le cessez-le-feu du 19 mars 1962".


La réconciliation entre Paris et Alger doit s'inscrire dans le cadre d'une reconnaissance mutuelle qui ne soit "ni le déni, ni la repentance", a affirmé pour sa part mardi matin l'ambassadeur de France en Algérie, François Gouyette, dans une interview au quotidien francophone L'Expression, proche du pouvoir.


Reuters/AFP