Indonésie: attentat suicide contre une cathédrale, les assaillants proches de l'EI


Un attentat suicide contre une cathédrale dimanche 28 mars en Indonésie a été perpétré par deux assaillants appartenant à un groupe extrémiste pro-État islamique, accusé d'avoir commis d'autres attaques contre des églises, dont une en 2019 aux Philippines, selon la police. L’attaque qui a visé la cathédrale de Makassar (est du pays), faisant au moins 20 blessés, s'est produite après la messe des Rameaux. Les deux kamikazes, un homme et une femme, ont été tués alors qu'ils pénétraient à moto dans l'enceinte de l'édifice, situé sur l'île de Sulawesi, où ils ont fait détonner un engin artisanal, ont indiqué les autorités. Tard dimanche 28, le chef de la police nationale, a indiqué que les assaillants faisaient partie du groupe radical Jamaah Ansharut Daulah (JAD). Cette formation a, selon lui, déjà mené un attentat sanglant en 2018 contre une église à Surabaya, deuxième ville d'Indonésie. "Ce groupe fait également partie ou est lié à celui qui a mené une attaque à la bombe à Jolo aux Philippines" en 2019, a-t-il ajouté. L'attentat de dimanche a été qualifié d'"acte de terreur" par le président Joko Widodo, à la tête du pays à majorité musulmane le plus peuplé au monde. "Nous avions terminé la messe et les gens rentraient chez eux quand cela s'est produit", a déclaré aux journalistes le prêtre Wilhelmus Tulak. Le pape François a dit prier pour toutes les victimes de violence, "en particulier celles de l'attentat de ce matin en Indonésie devant la cathédrale de Makassar". La tradition de tolérance de l'Indonésie a été mise à l'épreuve ces dernières années par le développement de courants islamiques conservateurs, voire extrémistes, et les minorités religieuses, chrétiennes mais aussi bouddhistes et hindoues s'inquiètent pour la coexistence religieuse.


AFP/Reuters