Irak: dépendance au pétrole et clientélisme ont mené le Kurdistan à la crise


Depuis la chute de Saddam Hussein en 2003, les collines du nord kurde étaient à l'abandon: avec un nouveau pouvoir local, un budget démultiplié et la manne pétrolière, les agriculteurs sont devenus fonctionnaires. Aujourd'hui, sans salaire, ils retournent à la terre. L'agriculture était un secteur clé de l'Irak sous embargo, avant l'invasion américaine, et ses vignes en particulier généraient un revenu vital.


C'est de nouveau le cas en 2020, année de toutes les catastrophes pour l'économie irakienne, l'une des plus dépendantes au pétrole au monde, selon la Banque mondiale. Autre facteur aggravant: à Bagdad, les dirigeants d'Erbil ont distribué à tour de bras des postes de fonctionnaires pour s'assurer des fidélités électorales, créant un secteur public hypertrophié et pourtant inefficace. Depuis janvier, la région n'a pu payer que 6 mois de salaires et a décidé en juin d'amputer ceux excédant 250 dollars par mois malgré les 260 millions envoyés mensuellement par Bagdad.


De plus, l'impatience des industriels locaux, acteurs d’une possible diversification de l’économie, grandit face aux concurrences iranienne et turque, dont les monnaies n'ont cessé d'être dévaluées contrairement au dinar irakien.


Selon le Premier ministre kurde Masrour Barzani, qui s'exprimait début octobre devant le Parlement pour la première fois depuis la formation de son gouvernement mi-2019, la région autonome cumule 28,4 milliards de dollars de dette. Dont près de neuf uniquement en salaires impayés.


Reuters/AFP