Isabel Díaz Ayuso, le nouveau visage de la droite espagnole


La présidente de la région de Madrid, Isabel Diaz Ayuso, qui a soudainement démissionné mercredi 10 mars de ses fonctions et convoqué des élections anticipées, a mis à profit la crise sanitaire pour s'imposer comme le nouveau visage de l'opposition de droite au gouvernement du socialiste Pedro Sánchez. Membre du Parti populaire, Mme Diaz Ayuso, alors peu connue au niveau national, avait pris la présidence de la région en mai 2019.


Plongée depuis un an dans la crise majeure que constitue le Covid-19 pour l'Espagne mais surtout pour Madrid, cette ancienne journaliste de 42 ans, sans grande expérience politique, a vite imposé son goût prononcé pour la confrontation. Sa décision de mettre fin brutalement à sa coalition avec les libéraux de Ciudadanos et de convoquer de nouvelles élections, a pris la classe politique par surprise, illustrant parfaitement son style.


Avec ses attaques répétées contre le gouvernement de gauche, Mme Díaz Ayuso s'est imposée comme une figure de premier plan de la droite espagnole, allant jusqu'à faire de l'ombre au jeune leader du PP, Pablo Casado. A la tête de la région la plus riche d'Espagne, elle a d'abord été vivement critiquée pour son manque de réaction face au coronavirus. Se défendant de quelque responsabilité dans l'expansion de l'épidémie dans sa région, l'une des plus touchées par le Covid-19 en Espagne, elle a toujours rejeté la faute sur Pedro Sánchez, fustigeant "le gouvernement le plus autoritaire de l'histoire de la démocratie" espagnole.


Dans cette région traditionnellement de droite, le PP y était battu pour la première fois depuis plusieurs décennies, mais sans que la gauche parvienne à former une majorité. Cette impasse permettait alors à Mme Díaz Ayuso de prendre la présidence de la région grâce à une alliance avec les libéraux de Ciudadanos, mais aussi grâce au soutien du parti d'extrême droite Vox.


Reuters/AFP