J-30 avant l'Euro, casse-tête sanitaire et suspense sportif


Dans un mois s'ouvre un Euro de football chamboulé par la crise sanitaire, disséminé entre onze pays et qui doit désigner le successeur du Portugal. Rêvé par Michel Platini lorsqu'il présidait l'UEFA, pour unir le continent autour du 60e anniversaire de l'Euro, ce tournoi paneuropéen est d'emblée apparu comme un défi logistique qui devait promener équipes, médias et spectateurs de Londres à Bakou.


La pandémie de Covid-19 l'a de surcroît transformé en cauchemar sanitaire, entraînant d'abord le report d'un an de la compétition (11 juin-11 juillet 2021), avant d'entretenir un interminable flou sur son déroulement. Il a fallu attendre le 23 avril pour connaître les onze villes-hôtes définitives : Bilbao et Dublin ont été évincées, Séville invitée à la fête, et Londres et Saint-Pétersbourg ont récupéré plus de matches.


"Il semble évident que vu la configuration de l'Euro, avec des matches dans plusieurs pays et donc des voyages, (...) la vaccination des participants permettrait une organisation plus sereine", observe auprès de l'AFP une source proche des instances du foot français. Mais l'UEFA n'a fixé aucune règle en ce sens et la sécurité du tournoi reposera principalement sur des "bulles" pour les équipes ainsi que sur une batterie de mesures pour les spectateurs : arrivées échelonnées au stade, jauges, désinfection et distanciation.


Enfin, il faudra voir comment les autorités locales organisent l'hébergement, la restauration et les éventuels regroupements de fans étrangers, sans mettre en danger leur propre population.


Pour le football européen, financièrement étranglé par l'arrêt des compétitions au printemps 2020 puis la reprise dans des stades vides, l'Euro est aussi un enjeu financier. Dès 2018, l'UEFA prévoyait de distribuer 371 millions d'euros aux 24 participants. Une sélection battue à chaque rencontre touchera ainsi 9,25 millions d'euros, tandis que le champion empochera jusqu'à 34 millions d'euros.


Reuters/AFP


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