Législatives au Venezuela: rejet de l'Europe et des Etats-Unis, éloge de la Russie


Les Etats-Unis, l’Europe et de nombreux pays sud-américains ont rejeté lundi 7 décembre les résultats des élections législatives au Venezuela à l'issue desquelles le président Nicolas Maduro s'est emparé de l'unique institution aux mains de l'opposition qui avait appelé au boycott. La Russie a elle en revanche fait l'éloge d'un "processus électoral (...) organisé de manière plus responsable et transparente que dans certains pays qui ont l'habitude de se présenter comme un exemple de démocratie".


Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a lui jugé que le scrutin de dimanche était "une farce politique" qui n'a respecté "aucune norme minimale de crédibilité" et n'a "heureusement dupé que peu" de Vénézuéliens. Dans le concert des condamnations, UE et Etats-Unis ont également été rejoints par le Groupe de Lima -alliance de 16 pays, dont le Canada, le Brésil, la Colombie, le Chili ou le Pérou- qui a appelé "à soutenir les efforts pour le rétablissement de la démocratie" au Venezuela. L'alliance a critiqué le manque de "transparence", et l'absence "d'observateurs internationaux". Plus tôt, le Brésil avait affirmé que Nicolas Maduro a tenté de "légitimer" son pouvoir dans une "farce électorale". Pour le Royaume-Uni, ces élections sont "profondément entachées d'irrégularités".


L'appel des principaux partis d'opposition à "rester à la maison" et boycotter ces élections a été massivement suivi, l'abstention atteignant 69%. Lors des élections législatives de 2015, où l'opposition avait mis fin à 15 ans d'hégémonie chaviste au parlement unicaméral, la participation avait été de 71% (66,45% en 2010). La coalition qui soutient le président en place depuis 2013 après le décès d'Hugo Chavez, a obtenu 67,7% des voix sur 82,35% des bulletins dépouillés, a annoncé la présidente du Conseil national électoral (CNE), Indira Alfonzo qui n'a pas précisé la répartition des 277 sièges soumis au vote des 20 millions d'inscrits. La fraction de l'opposition qui a participé au scrutin a obtenu 18% des voix.


Le Venezuela est en proie aux sanctions économiques américaines visant à renverser Nicolas Maduro, dont un embargo pétrolier depuis avril 2019 entraînant des pénuries d'essence. Etouffé par une inflation galopante (+4.000% sur un an), paralysé dans d'interminables files d'attente pour faire le plein d'essence, fatigué du manque d'approvisionnement en eau et en gaz, et excédé par les brutales coupures de courant, le pays est aux abois.


Reuters/AFP

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