L'éducation doit-elle se faire par préceptes ?


L’éducation, domaine hybride entre la sociologie, la psychologie et la philosophie, est une préoccupation intemporelle des hommes que d’aucuns ont entrepris de théoriser dans le but d’en faire ressortir un modèle universel. Deux partis se distinguèrent rapidement dans cette théorisation. Le premier prône une éducation faite de préceptes, de leçons à donner à l’enfant afin de le faire accéder le plus rapidement possible à la vie civile. Le second, au contraire, est partisan d’une éducation dite négative, lente, dont la méthode est d'interférer le moins possible avec le développement de l’enfant. Penchons-nous sur l’antagonisme porté par ces deux idéologies.


La première, en faveur de l’emploi de préceptes pour instruire les enfants, estime donc qu’il est préférable de les éduquer le plus tôt possible à des considérations morales justes afin qu’ils puissent les intégrer comme fondements de leur personnalité. Cette conception postule par conséquent, et parfois sans même s’en rendre compte, que l’Homme est mauvais de nature et que seul l’apprentissage rapide de la moralité peut le mettre sur la voie du bien. C’est par exemple l’idée que l’on retrouvait dans les morales ludiques des fables de La Fontaine.


“Il faut laisser mûrir l’enfance dans les enfants”. C’est en ces mots que Rousseau se positionne en faveur d’une éducation lente dans son traité “Emile ou de l'éducation”. Celle-ci part du postulat que l’Homme est bon de nature, et que ce sont les interactions sociales qui viennent le pervertir. Rousseau prône ainsi une éducation qui use le moins possible des leçons de morale et qui méprise l’apprentissage des fables, que l’enfant ne serait de toute manière pas en âge de comprendre. Le but en serait de ne donner des leçons que lorsque celles-ci sont immédiatement nécessaires.


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