L'éthique minimaliste: une manière moins complexe de penser?



Arrivé très tôt en France après avoir échappé à la Shoah du fait de son origine juive, Ruwen Ogien, chercheur Français spécialiste de la philosophie morale et de la philosophie analytique, est connu pour ses travaux sur une théorie morale bien connue désormais : l’éthique minimaliste. Celle-ci repose, selon l’auteur et ses influences (John Stuart Mill notamment) sur trois traits : ne pas nuire intentionnellement à autrui ; ne rien devoir à soi-même ; l’égale considération de chacun.


Par ce mode de pensée, Ogien réfute la philosophie morale « à la française », s’adonnant continuellement, selon lui, à la perpétuelle surenchère, par l’utilisation d’un vocabulaire inutilement complexe et basé sur « l’invention de divisions conceptuelles originales à l’exégèse des grands auteurs ». Cette thèse est accolée à une inspiration anti-paternaliste (contre l’appui de la société dans la réalisation de sa propre existence) et par logique, au « harm principle » (concept de non-nuisance), appelant à une non-opposabilité de la société aux actes d’un individu - sauf si cela va à l’encontre d’autrui.


Dès lors, la volonté de s’engager contre les principes moralisateurs de la société bien-pensante vont inciter l’auteur libertaire à rédiger des ouvrages parfois décriés pour leur obscénité. On peut prendre ici l’exemple de Penser la pornographie (2003). Ruwen Ogien va y étudier, dans son chapitre premier, la véritable valeur morale de la pornographie, jusqu’alors jugée absurde et amorale. Il soutient également que des pratiques parfois rudes (BDSM, prostitution…) ne doivent pas être présentées comme un problème mais plutôt comme la possibilité de vivre dans une véritable liberté. Évidemment, par le biais de ses ouvrages, il se moquera ouvertement de ses détracteurs libéraux. En soit, pour lui, tout en prenant considération des véritables maux liés à certaines pratiques (atteinte aux droits des femmes ou à la dignité humaine…), chacun est libre de faire ce qu’il veut sans qu’on l’en empêche, tant que cela ne nuit pas aux principes fondamentaux de la vie en société.



Aurélien G.

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