L'heure du verdict pour le "cerveau" présumé de l'EI en Allemagne


Il est présenté comme le "cerveau" du groupe Etat islamique en Allemagne : le prédicateur irakien "Abou Walaa" risque mercredi 24 février onze ans de prison pour avoir radicalisé des jeunes et dirigé un réseau jihadiste. Il est jugé depuis plus de trois ans à Celle (nord de l'Allemagne), aux côtés de quatre complices présumés, dans un procès-fleuve entouré d'un drastique dispositif de sécurité. Il est accusé d'appartenance à l'EI et de soutien à cette "organisation terroriste étrangère". "Abou Walaa" était, selon l'accusation, "le représentant en Allemagne" de l'Etat islamique entretenant des "contacts directs" avec les leaders du groupe, ainsi que le "cerveau du réseau" qui envoyait des combattants volontaires depuis l'Allemagne vers la Syrie ou l'Irak. Pour l'accusation, Abou Walaa a monté dans sa mosquée de Hildesheim (Basse-Saxe) une véritable entreprise d'embrigadement. Au moins huit personnes, "principalement de très jeunes gens", selon l'accusation, sont ainsi parties, dont des frères jumeaux allemands qui ont commis un sanglant attentat suicide en Irak en 2015. Le principal accusé était arrivé en Allemagne comme demandeur d'asile en 2001 et a été arrêté en novembre 2016 après une longue enquête du renseignement intérieur.. Si le terrorisme d'extrême droite a été érigé au premier rang des menaces pesant sur la sécurité de l'Allemagne, la nébuleuse jihadiste y reste active. Depuis 2009, les autorités allemandes ont déjoué 17 tentatives d'attentat de ce type, dont la majorité depuis l'attaque de 2016, selon le ministère de l'Intérieur. Le nombre d'islamistes considérés comme dangereux se trouvant en Allemagne a été multiplié par cinq depuis 2013 pour s'établir actuellement à 615, selon le ministère de l'Intérieur. Celui des salafistes est lui évalué à environ 11.000, soit deux fois plus qu'en 2013.


Reuters/AFP