L'Homme est-il bon par nature ?


Pour comprendre l’essence de la nature humaine, il faut se représenter l’Homme dans sa condition initiale. A l’opposée de l’Homme civil, l’Homme sauvage n’a ni vertus ni vices puisqu’aucune notion de moral. Ainsi, la bonté de l’Homme sauvage est amorale. Il est mauvais s’il est naturellement enclin à la destruction physique de ses semblables et bon s’il vit en paix. Comparons la vision de Hobbes à celle de Rousseau.


Il faut tout d’abord concevoir l’état de nature. La vision de Hobbes dépeint un état de guerre constant où la rareté des ressources et la multitude des désirs poussent les hommes à se détruire. A l’inverse, Rousseau affirme que les passions sont propres à l’état social et décrit un Homme sauvage vivant harmonieusement dans la nature, satisfaisant ses besoins dans un cadre d’abondance.


Par ailleurs, selon Hobbes, l’Homme incivilisé ressent de l’amour-propre ce qui le conduit à des désirs qui, dans un contexte de rareté des ressources, engendrent une rivalité et des conflits. A l'opposé, l’Homme sauvage décrit par Rousseau ressent de la pitié et recherche sa subsistance en causant le moins de tort aux autres. En effet, il ressent de l’amour propre instinctif et nécessaire à sa survie et non pas source de vanité.


Plus encore, Hobbes décrit un Homme doté de raison et de curiosité alors que pour Rousseau il se rapproche de l’animal. Bien qu’il possède la faculté de raisonner, il est dénué de raison car cela nécessite un contact social et n'éprouverait donc que de simples passions liées à sa subsistance.


Enfin, là où Hobbes expose la nécessité pour l’Homme sauvage de sortir de cet état naturel malheureux en rentrant dans la société, Rousseau explique que cette dernière n’est pas désirable. Au contraire, il affirme dans Rousseau juge de Jean-Jacques que «La nature a fait l’Homme heureux et bon mais la société le déprave et le rend misérable».


Auteur: Cyrano @hajeration


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