L’homme est-il un loup pour l’homme ?


« Homo humini lupus est » : la formule, qui apparaît chez le poète Plaute, au début du 3ème siècle avant J.-C. a connu une longue postérité mais c’est chez Hobbes, en 1651, dans le Léviathan, qu’elle prend le sens qu’on lui connaît : l’homme est un être naturellement mauvais, y compris pour son semblable. Cette thèse, qualifiée de réaliste en politique, est à mettre en opposition avec celle, idéaliste et classique aussi, du « mythe du bon sauvage » chère à Rousseau. Naturellement, l’homme est-il bon ou mauvais ?


Pour Hobbes, livré à une liberté sans frein dans un état de nature non régi par des lois, l’homme s’en prendrait violemment à son semblable pour « le dépouiller de son bien, de sa liberté, de sa vie ». Cette violence découle d’une situation d’égalité et de rivalité où chacun est en mesure de dominer l’autre, par la force, la ruse, ou l’union : « si deux hommes désirent la même chose, alors ils deviennent ennemis ». Paradoxalement, dans cet état de nature, ce n’est pas « la loi du plus fort qui règne » puisque tous ont le même pouvoir de se nuire car même le plus fort devient vulnérable quand il dort. Si bien que « le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître ». D’où l’inévitable « guerre de chacun contre chacun » propice à cette situation d’anarchie qui fait de l’homme un « loup pour l’homme ».