L’identité nationale, une mémoire de l’individu social?


L’individu, afin de se distinguer de ses semblables, érige son identité, unique, pérenne, et muable. Selon Antonio Gramsci qui affirme que “celui qui vit vraiment ne peut qu’être citoyen et prendre parti”, il semblerait que, pour exister, l’Homme doive se construire à travers la société et se positionner par rapport aux courants idéologiques qui la traversent.


Edgar Morin définit l’humain “comme individu, société et espèce”. Outre livrer l’identité à une approche plus scientifique, le penseur de la complexité l’ancre dans des traditions véhiculées par l’environnement humain. Ainsi, la transmission de l’identité n’a rien d’inné, mais provient de caractères acquis dans un contexte spécifique. C’est le déni de cette nature relative qui, souvent, rend l’Homme incapable de questionner les héritages à l’origine de ses propres frontières.


Par exemple, la société nord-irlandaise se déchire en deux pans régis par des identités religieuses, politiques et nationales différentes. Cet antagonisme trouve un motif historique dans la domin