L'Inde enjoint à Twitter de se plier à ses nouvelles règles sur les plateformes numériques


L'Inde a lancé samedi un "dernier avertissement" à Twitter pour qu'il se conforme à sa nouvelle réglementation sur les plateformes numériques, considérée par le géant américain comme une menace pour les garanties de confidentialité. La nouvelle réglementation est accusée par les militants pour les droits numériques de permettre potentiellement au gouvernement d'identifier les auteurs de messages critiques à son encontre sur les réseaux sociaux. Mais New Delhi affirme sa nécessité pour enquêter au sujet de risques posés à la sécurité nationale et sur des cas de contenus sexuels explicites. Cette nouvelle réglementation comporte en particulier une exigence de "traçabilité" pour la fourniture par les plateformes de détails sur le "premier auteur" des messages lorsque le gouvernement estime qu'ils portent atteinte à la souveraineté du pays, à la sécurité de l'Etat ou à l'ordre public. Elle prévoit également que les plateformes nomment un agent de la conformité, pénalement responsable des contenus, ainsi qu'un responsable pour le traitement des plaintes, tous deux basés en Inde. La semaine dernière, le gouvernement a assuré que les principaux réseaux sociaux, dont Koo, ShareChat, Google et Facebook, avaient déjà fourni des précisions concernant les personnes à contacter pour ces fonctions. Twitter, dont les relations se sont tendues en mai avec le gouvernement, n'a pas commenté l'avertissement dans l'immédiat. Au lendemain de son entrée en vigueur, le réseau social avait dénoncé la nouvelle réglementation, s'inquiétant des "tactiques d'intimidation" de la police qui avait visité le 24 mai ses bureaux à New Delhi dans le cadre d'une enquête sur sa décision d'estampiller "média manipulé" un tweet d'un porte-parole du parti au pouvoir.


AFP