L'instinct de survie permet-il d'expliquer l'intégralité des comportements humains?


Que les êtres humains soient déterminés, c'est-à-dire qu'ils sont le produit de causes qui leur échappent, cela est entendu. La défense d'une liberté entière et absolue est devenue un discours inaudible, au moins depuis l'essor de la sociologie et de la psychologie puis, plus tard, des neurosciences. L'idée n'est d'ailleurs pas nouvelle, le philosophe hollandais Baruch Spinoza la formulait déjà au XVIIe siècle.


Si l'existence d'une forme de déterminisme ne sonne pas la fin de la liberté, c'est une question qu'il est toutefois légitime de se poser : dans quelle mesure sommes-nous libres (au sens d'indéterminés) ? Comment concevoir qu'une chose, qu'un fait ou qu'un phénomène soit cause de lui-même, c'est-à-dire qu'il n'en ait aucune ? Rude expérience de pensée.

Dans le cas contraire, cela signifierait que nous sommes entièrement déterminés. Dès lors, qu'elle en serait la cause première?


Pour l'Univers, la physique nous permet d'ores et déjà de remonter considérablement la chaîne de causalité. Mais celle-ci peut toujours l'être davantage et nous ne sommes donc pas au bout de nos surprises.

En ce qui concerne les comportements humains et animaux, nous pourrions formuler une hypothèse : celle que tout comportement découle de l'instinct de survie.


Pour trouver l'origine d'une telle hypothèse, nous pouvons nous tourner du côté des neurosciences qui s'attachent, depuis quelques dizaines d'années, à retracer l'évolution du cerveau, à décrire son fonctionnement et à montrer en quoi tout ceci fait partie d'une évolution visant la survie de l'espèce.

Les travaux du neuroscientifique américain Antonio Damasio vont dans ce sens.

Dans Spinoza avait raison, il réhabilite le conatus spinozien et montre comment émotions et sentiments répondent à un impératif de survie. Ainsi, tout comportement pourrait n'être qu'une conséquence indirecte de l'instinct de survie.


Auteur : Guillaume O / @guillaume_opn

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