L’intelligence artificielle, une technologie de “rupture” qui pose question


L'intelligence artificielle (IA) vise à mimer le fonctionnement du cerveau humain dans le but de faire exécuter à une machine des tâches complexes que l'homme accomplit en utilisant ses capacités cognitives. Pour cela, la technique informatique privilégiée est de doter les ordinateurs d'une capacité nommée apprentissage automatique ("machine learning"). Ce type de technologie, bâtie sur l'exploitation à très grande échelle des données ("big data") par des algorithmes, constitue "l'outil le plus puissant qui puisse bénéficier à l'humanité depuis des générations", selon Eric Schmidt, ancien PDG de Google et président d'une commission sur le sujet aux Etats-Unis. L'IA bat toutefois des records dans plusieurs domaines, notamment dans les jeux. Aujourd'hui, ce sont les géants de la tech américains (Google, Microsoft, Facebook,...) et chinois (Alibaba, Huawei,...) qui sont en pointe grâce aux sommes colossales consacrées au développement de l'IA. Ses champs d'application sont sans cesse repoussés et paraissent sans limites. Des voitures autonomes à la reconnaissance faciale, ce secteur hautement stratégique est considéré comme la technologie du futur de notre quotidien. En l'absence de tout contrôle, l'IA peut aussi se transformer en instrument de surveillance et de destruction, a estimé Eric Schmidt, évoquant de possibles applications militaires comme la transformation de drones commerciaux en "armes intelligentes". Et sur internet, l'IA est également critiquée pour son opacité ("boîte noire") et sa propension à reproduire de nombreux biais discriminatoires. De nombreuses études ont montré qu'en raison notamment des jeux de données et des paramètres utilisés pour "apprendre", les algorithmes de reconnaissance de visages sont plus performants sur ceux à la peau claire ou peuvent présenter des publicités pour des emplois mieux rémunérés aux hommes plutôt qu'aux femmes.



AFP/Reuters



24 views