L'Irak s'apprête à recevoir le pape entre Covid, roquettes et manifestations


“Nous sommes ravis de la venue du pape François mais elle arrive à un moment assez compliqué", avoue sans détour un des officiels chargés de l'organisation au sein de la présidence irakienne. Ce "moment assez compliqué" a débuté il y a quelques semaines avec un nouveau pic d'infections au coronavirus -4.000 cas quotidiens contre quelques centaines auparavant. Et, parmi les nouveaux malades, figure... l'ambassadeur du Vatican à Bagdad Mitja Leskovar. Cette augmentation fait craindre que les messes ne deviennent d'immenses foyers de contamination. Le pape, comme les dizaines de journalistes et de responsables ecclésiastiques dans son avion, a été vacciné. Mais les quelque 40 millions d'Irakiens n'ont eux pas encore reçu la moindre dose. Si la distanciation physique, les quatorzaines et le port du masque sont des options que les Irakiens dédaignent depuis des mois, les organisateurs de la visite papale ont fortement limité le nombre de places pour les messes. A Bagdad, la deuxième capitale la plus peuplée du monde arabe avec environ 10 millions d'habitants, l'effervescence est tout de même palpable. On polit les cloches des églises, on décroche les affiches de politiciens pour les remplacer par des messages de bienvenue au souverain pontife, le premier de l'histoire à visiter l'Irak, pays musulman à majorité chiite. Mais l'allégresse générale et les préparatifs ont du mal à faire oublier un contexte explosif et un voyage aux ambitions débordantes. Dans la province de Zi Qar, où le pape visitera samedi l'antique Ur, des routes se construisent, asphaltées et peintes... comme aucune autre dans cette région! Des pontons de bois, des tentures pour protéger du soleil, des parcours guidés ont même été installés sur le site.Après Ur, le pape s'adressera au monde entier de Mossoul, symbole des atrocités de l'EI de 2014 à 2017, et ira à Qaraqoch, ville chrétienne située plus au sud, où des religieuses perchées sur des toits d'églises repeignent des croix tout juste rénovées. Durant sa visite, gardes du corps et prêtres ne lâcheront pas d'une semelle le pape, handicapé en outre par une sciatique.


Reuters/AFP


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