L'UE veut prouver à Biden qu'elle peut se défendre par elle-même


Les ministres des Affaires étrangères et de la Défense s’entretiendront par vidéoconférence jeudi 19 novembre et vendredi 20 novembre pour discuter, notamment, de la transformation de l’UE en puissance militaire autonome post-Brexit et post-Trump. L’élection de Joe Biden mettra fin à la rhétorique de confrontation de son prédécesseur envers les alliés, mais elle ne changera pas l’opinion des États-Unis selon laquelle l’Europe doit contribuer davantage à sa propre défense, estiment des diplomates européens.


L’UE travaille depuis décembre 2017 à développer des capacités de défense indépendamment des États-Unis. Une offensive menée en grande partie par la France, qui reste la principale puissance militaire de l’UE post-Brexit. La Grande-Bretagne, lorsqu’elle était encore membre de l’UE, avait plutôt tendance à se reposer sur l’Otan pour la défense européenne. La sortie de Londres donne à Paris l’occasion de promouvoir ses ambitions de longue date de doter l’UE d’un rôle plus important dans le domaine de la défense, avec un soutien plus mesuré de Berlin.


Donald Trump était ouvertement hostile à l’Otan, critiquant régulièrement les pays européens qui dépensent trop peu pour la défense et qualifiant de “délinquants” les alliés qui y consacrent moins de 2% de leur PIB. Les administrations américaines précédentes appelaient également l’Europe à contribuer davantage.


Dans une tribune commune publiée lundi 16 novembre dans la presse, les ministres des Affaires étrangères français Jean-Yves Le Drian et allemand Heiko Maas ont déclaré qu’ils s’engageaient à “forger un partenariat transatlantique plus équilibré”


AFP/Reuters