La folie: fatalité ou construction?



La folie est définie comme un trouble de l’esprit, effet d’une «maladie mentale». Elle peut ainsi incarner une forme de fatalité, que la psychiatrie tente d’apaiser. Pourtant, la folie n’a pas toujours été perçue comme une maladie. Dans Histoire de la folie à l'âge classique (1961), Foucault met en évidence qu’au Moyen-Âge les fous étaient intégrés à la vie sociale. Leur rejet serait né au XVIIe siècle ; tournant concrétisé par la création de l’hôpital général en 1657. C'est le « siècle de l’enfermement».


Foucault condamne ainsi la prise en charge du fou par le «pouvoir médical» et l’arbitraire de l’internement psychiatrique. Breton écrivait déjà dans Nadja : «Il ne faut jamais avoir pénétré dans un asile pour ne pas savoir qu’on y fait les fous». L’enfermement contribuerait à rompre le dialogue, à objectiver celui qui s’écarte de la norme sociale. Dans La mise en scène de la vie quotidienne, le sociologue E.Goffman souligne que l’ordre social passe par un respect des règles de l’interaction sociale. Le fou est celui qui refuse ces règles.


Les travaux de Freud participent à donner implicitement une raison au rejet social de la folie. En effet, sa thèse de l’inconscient remet en question l’idée d’une raison souveraine. Ainsi, mettre à distance les fous serait une manière de mettre à distance le risque de l’expérience que nous pouvons tous faire : la perte de soi.


Est-ce réellement une perte de soi? Au XVIIe siècle, le fou était perçu comme l’orgueilleux, celui qui préfère croire ses propres jugements. Selon cette définition, les Méditations Métaphysiques de Descartes illustrent un rapprochement du philosophe et du fou. La folie relèverait plus d’un refus volontaire du “bon sens” que d’une fatalité...

Auteur: Emma V

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