La France sur le banc des mauvais élèves en terme de télétravail


Alors que les négociations entre syndicats et patronat patinent, la France renforce son image de mauvais élève en Europe sur le télétravail, qui a explosé avec la pandémie de COVID-19.


Patronats et syndicats se sont réunis lundi 23 novembre pour une dernière réunion de négociations dans le but de définir un cadre mieux à même de protéger les salariés travaillant de chez eux. Mais l’espoir d’aboutir est faible, au regard des nombreux points de désaccords entre les deux camps.


La pratique du télétravail a explosé en Europe avec la crise sanitaire, les gouvernements incitant les entreprises à privilégier ce mode de fonctionnement pour limiter les interactions sociales et freiner la propagation du coronavirus. Selon une étude européenne réalisée en juin et juillet, près de 40% de l’ensemble des heures travaillées l’ont été à domicile durant la pandémie.


En France, seul un tiers des télétravailleurs bénéficie d’un cadre réglementaire - un accord collectif ou une charte d’entreprise - dans lequel sont spécifiées quelques modalités, comme les plages horaires durant lesquelles le salarié peut être contacté ou encore les conditions de contrôle du temps de travail. Pour les deux tiers restants, un simple accord verbal avec l’employeur prévaut, sans cadre défini. C’est le télétravail dit “gris”.


De manière générale, la pratique du télétravail a du mal à s’implanter chez les managers français, craintifs à l’idée de perdre le contrôle de leurs équipes.Après le premier confinement, les entreprises françaises ont par exemple massivement demandé à leurs salariés pouvant télétravailler de revenir sur site.


Si les négociations échouent au niveau interprofessionnel, le gouvernement pourrait reprendre le dossier en main. Une perspective qui ne déplaît pas à certains syndicats de salariés.


Reuters

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