La militante saoudienne des droits humains Loujain al-Hathloul libérée


La militante saoudienne des droits humains Loujain al-Hathloul a été libérée mercredi après quasiment trois années passées en prison, a annoncé sa famille, au moment où Ryad fait face à des critiques grandissantes concernant le respect des droits humains dans le royaume.


Mme Hathloul avait été arrêtée en mai 2018, avec d'autres militantes, peu avant la levée de l'interdiction de conduire faite aux Saoudiennes, une réforme pour laquelle ces femmes militaient. Elle a été condamnée le 29 décembre à cinq ans et huit mois de prison en vertu d'une loi "antiterroriste", dont un sursis de deux ans et dix mois "à condition qu'elle ne commette pas de nouveau crime dans les trois ans". Le tribunal avait également interdit à la militante de quitter le royaume pendant cinq ans, selon sa famille.Militante de la cause des Saoudiennes, Loujain al-Hathloul a défendu le droit des femmes à conduire et s'est opposée à la tutelle mettant la femme à la merci totale de l'homme. Elle avait été qualifiée de "traître" par la presse locale pour avoir eu des contacts avec des diplomates et des ONG internationales. Loujain al-Hathloul avait entamé une grève de la faim en prison le 26 octobre avant de l'interrompre deux semaines plus tard, selon Amnesty international et sa famille.

La militante a été victime de harcèlement sexuel et de torture pendant sa détention, selon sa famille, des allégations démenties par les autorités.


Le cas de la jeune femme avait été transféré fin novembre à une cour chargée des affaires de "terrorisme", selon sa famille.


Le ministre saoudien des Affaires étrangères Fayçal ben Farhan avait révélé début décembre que Loujain al-Hathloul était accusée d'avoir été en contact avec des Etats "hostiles" au royaume et d'avoir transmis des informations confidentielles.


Mais le gouvernement saoudien n'a apporté aucune preuve tangible à l'appui de ces accusations, selon des proches de la militante.

Reuters/AFP