La notion de vengeance dans la loi du talion


« Si quelqu’un a crevé l’œil d’un homme libre, on lui crèvera un œil. Si quelqu’un a cassé la dent d’un homme libre, son égal, on lui cassera une dent ». Sentiment violent, la vengeance semble plus relever de l’instinct que de la Loi. Cette réponse a cependant trouvé sa place dans la loi du Talion, et c’est par le Code Hammurabi qu’elle nous est parvenue. Auparavant la vengeance pouvait dépasser le préjudice. Le Code est donc venu mettre de l’ordre dans le désordre : la peine doit désormais être identique au crime commis.


Le Talion s’est donné deux fonctions : éliminer le délinquant, mesure de protection sociale pour empêcher la récidive; compenser le dommage subi par une sanction égale : tu tues, je peux te tuer. Égalité cependant toute relative, un homme de haut rang pouvait tuer un esclave si ce dernier l’avait volé.


Un peu plus tard, la Bible ira plus loin et la vengeance sera endiguée non pour préserver l’ordre social mais parce qu’elle déplaît à Dieu et va à l’encontre de la miséricorde. S’ensuivra alors une certaine pédagogie en vue d’éduquer l’Homme à la non-violence, à travers le Décalogue donné à Moïse. Qu’importe le préjudice, « Tu ne tueras point » et, « Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, tends-lui aussi la joue gauche ». On passe du Talion au pardon.


Aujourd’hui ce principe est bien éloigné de notre idée de justice. Dans une démocratie il est interdit de se faire justice soi-même. Une personne impliquée dans une affaire ne peut être objective vis-à-vis de sa situation. Nul ne peut être à la fois juge et partie.


Le débat actuel est centré sur des peines alternatives avec la justice restaurative en vue de réintégrer les condamnés dans la société. L’Europe, foyer des Droits de l’Homme, a depuis longtemps extirpé le Talion de son appareil législatif, n’empêchant pas certains pays de conserver la peine de mort.


Auteure : Mathilde Huette


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