La volonté de puissance chez Nietzsche


Dans la pensée nietzschéenne, le sens de la vie, la condition nécessaire à la persistance de l’être, se rapporte à ce qu’il appelle la Volonté de puissance. Il s’agit d’une sorte de personnification d’une volonté narcissique, une volonté qui se veut elle-même, qui veut intensifier la vie de celui qui la possède.


Cette volonté de puissance nécessite une grande maîtrise de soi (que Nietzsche appelle le Grand style), une maîtrise de ses passions car celles-ci mènent à l’anéantissement de la volonté de puissance, et par suite à l’échec de la quête d’idéal sotériologique. Elle permettrait l’accès à une forme d’ataraxie en se délivrant des passions tristes, grande source de déchirement de l’âme et véritable ciguë du héros romantique.


Intervient alors le Grand style, proposé par Nietzsche comme une solution aux dissensions des passions. Une solution à l’opposition entre forces actives (instincts, valeurs et imaginaires imposés ipso facto) et forces réactives (rationalisme ; forces qui s’opposent à l’erreur et au mensonge). Il s’agit d’une réconciliation de ces forces, d’un équilibrage des émotions dans lequel la volonté de puissance intervient pour calmer ce déchirement et s’augmenter elle-même. On retrouve là l’idée de départ, d’une volonté qui veut sa propre volonté. Y aurait-il donc un Éternel retour de la volonté de puissance ?


La volonté de puissance peut donc, d’une certaine manière, être vue comme une ode nostalgique à la neutralité maîtrisée du classicisme ; comme une supplication paradoxalement romantique du philosophe au marteau, tragiquement né à l’époque de l’exaltation lyrique. Nietzsche érige d’ailleurs les classicismes français et grec comme des idéaux de Grand style, se caractérisant par exemple par la sérénité et la force cohabitant dans l’expression des statues de l’époque, en parfait équilibre.


Auteur : Adil Squalli

Rédacteur en chef : Alexis S