Le chef de l'AIEA débute ses pourparlers à Téhéran sur le nucléaire


Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a rencontré dimanche à Téhéran les responsables iraniens, le jour de l'expiration d'une échéance fixée par l'Iran pour la levée des sanctions américaines. Arrivé samedi soir dans la capitale iranienne, il a entamé ses discussions sur le dossier nucléaire avec le président de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), Ali Akbar Salehi. Il tiendra en soirée une conférence de presse à son retour à Vienne, siège de l'AIEA. Sa visite survient alors que le Parlement iranien a fixé à dimanche 21 février la date limite pour restreindre certaines inspections de l'AIEA, "gendarme" nucléaire de l'ONU, sur des installations non nucléaires, y compris des sites militaires suspects en Iran.


Après la politique de "pression maximale" de Donald Trump, l'Iran s'est affranchi progressivement à partir de 2019 de nombre de limites qu'il avait accepté d'imposer à son programme nucléaire en vertu de l'accord conclu en 2015 avec le groupe 5+1 (Etats Unis, France, Allemagne, Grande-Bretagne, Russie, Chine).

L'Iran ne cesse de dire qu'il reviendrait à ses engagements si la nouvelle administration américaine de Joe Biden lève les sanctions et celle-ci réclame un retour de l'Iran à ses engagements, les deux camps se renvoyant la balle.

Jeudi, les Etats-Unis ont accepté l'invitation des Européens à participer à des pourparlers pour relancer l'accord de 2015. Mais le lendemain, Joe Biden a appelé les puissances européennes à travailler de concert avec les Etats-Unis pour répondre aux "activités déstabilisatrices" de l'Iran au Moyen-Orient.


La visite de M. Grossi a reçu un accueil mitigé dans la presse iranienne. Le quotidien ultraconservateur Kayhan a salué la loi du Parlement qui a emmené Rafael Grossi en Iran. Cette stratégie a montré au camp adverse que "la rupture du contrat est coûteuse", a écrit le journal en Une en dénonçant "l'escroquerie occidentale".

En revanche, le journal réformateur Sharq a dit douter de l'efficacité du vote de cette loi vu que Washington "n'a manifesté aucune volonté de revenir à l'accord" sous les conditions iraniennes.


"Il n'y a aucune perspective d'ouverture jusqu'à présent", a souligné le quotidien, estimant que les jours à venir sont critiques pour l'Iran et pour les autres pays parties de l'accord nucléaire. Joe Biden était vice-président de Barack Obama lorsque l'accord nucléaire fut conclu en 2015. L'Iran a toujours démenti chercher à se doter de l'arme atomique et l'accord prévoit une levée partielle des sanctions internationales, en échange de la garantie que l'Iran ne se doterait pas d'une telle arme.


Reuters/AFP


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