Le Ghana de retour sur la scène musicale internationale grâce à l’AfroBeats


Dans le quartier animé d'Osu, les premiers fêtards vident des bières locales sur des chaises en plastique, alors que les enceintes poussées à plein volume couvrent les voix. Passé minuit, les corps se réveillent et les chaises se vident. C'est toute la rue qui se déhanche ensuite sur un air de Sarkodie ou de Stonebwoy, les rois de l'afrobeats ghanéen. L'afrobeat, un genre musical des années 1970 popularisé par l'immense Fela Kuti, est né et a explosé au Nigeria, le géant d'Afrique de l'Ouest depuis plusieurs années. En 2016 déjà, le public occidental a découvert la scène afrobeats grâce au tube "One Dance", un featuring entre la superstar canadienne Drake et le Nigérian Wizkid, qui est devenu le morceau le plus joué de tous les temps sur Spotify, en dépassant le milliard de streams. Le résultat: des rythmiques contagieuses qui, servies par une voix puissante, composent des morceaux irrésistiblement entraînants. Mais l'afrobeats ghanéenne se distingue surtout de sa grande sœur nigériane grâce à une particularité: l'héritage de la highlife. Ce genre musical est apparu dans le Ghana colonisé, alors appelé Côte-de-l'Or, au début du 19e siècle, en adaptant les rythmiques traditionnels du peuple Ashanti aux instruments occidentaux apportés par les colons.


AFP

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