Le musée du Corbillard, un cimetière de voitures mortuaires


Il est le chantre de la mémoire des corbillards: Yvan Quercy en conserve 130 dans son musée de Cazes-Mondenard, dans le Tarn-et-Garonne, sorte de mausolée renfermant nombre d'antiquités tirées jadis par des chevaux et une poignée d'autres motorisées. Trois hangars nichés dans la vallée de la Barguelonne, où se mêlent les vignes du Chasselas de Moissac et les arbres fruitiers aux couleurs dorées de l'automne. D'imposantes portes grises, sur lesquelles figure l'inscription "Défense d'ouvrir, danger de mort", renferment le sanctuaire bâti par son père Yvan Quercy, premier du nom, et qu'il a repris après sa mort il y a 14 ans. Dans l'allée, autour d'un interminable tapis bleu, des dizaines de corbillards hippomobiles, peints en noir, mais tous différents, racontent un pan de l'histoire des communes de la région. Il y a eu une recrudescence des dons de corbillards par les communes au début des années 2000 après une loi interdisant le transport des corps dans des véhicules non réfrigérés. Le plus vieux corbillard exposé date de 1820, avec la particularité d'être capitonné à l'arrière. "C'était la première règle sanitaire de l'époque, lors des épidémies de peste. Ou de Covid, de nos jours", ironise Yvan Quercy. Alors qu'il reçoit entre 600 et 700 visiteurs chaque année, dont une grande partie pendant les vacances de la Toussaint, l'épidémie a fait chuter ses recettes de 80%. "Je n'ai aucune réservation, c'est une catastrophe", regrette-t-il.


Reuters/AFP

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