Le Parlement européen met un terme au douloureux chapitre du Brexit


Le Parlement européen a approuvé l'accord commercial conclu par l'Union européenne (UE) avec le Royaume-Uni, mettant un point final au douloureux chapitre du Brexit, selon le résultat d'un vote officiellement annoncé mercredi. A l'issue du scrutin organisé mardi soir, 660 députés ont approuvé le texte, 5 s'y sont opposés et 32 se sont abstenus, sur 697 votants. L'issue du vote, sur fond de tensions persistantes entre Londres et Bruxelles, ne faisait guère de doute.


Les relations entre Londres et Bruxelles ont déjà été profondément affectées par la décision britannique de quitter le marché unique. Sur le plan des échanges, les exportations européennes vers le Royaume-Uni ont reculé de 20,2%, quand les importations britanniques dans l'UE ont baissé de 47% au cours des deux premiers mois de 2021, selon Eurostat. A cela s'ajoute une crise de confiance entre les deux partenaires : les Européens reprochent notamment à Londres d'avoir violé le protocole irlandais contenu dans ce traité, en reportant certains contrôles douaniers et sanitaires qui devraient être menés entre la province britannique d'Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni, afin d'éviter le retour d'une frontière sur l'île d'Irlande.


"Le gouvernement britannique ne doit pas prendre ce vote comme un chèque en blanc ou un vote de confiance aveugle", a prévenu l'eurodéputé luxembourgeois Christophe Hansen (PPE, droite). Ursula von der Leyen, dont les services ont entamé une procédure contre le Royaume-Uni pour violation du protocole, a assuré aux eurodéputés que l'UE n'hésiterait pas si nécessaire à utiliser contre Londres les mesures de compensation unilatérales prévues par l'accord.


D'autres points de friction restent en suspens des deux côtés de la Manche, comme en témoigne la menace mardi de la France de prendre des mesures de rétorsion contre les services financiers britanniques si l'accord post-Brexit sur la pêche n'était pas mis en oeuvre. Dans ce contexte délicat, le récent différend autour des retards d'approvisionnement du continent en vaccins AstraZeneca contre le Covid-19, quand le Royaume-Uni était lui livré dans les temps, est venu jeter un peu plus d'huile sur le feu.


AFP/Reuters