Le philosophe doit-il vivre en ermite ou en société ?


“Dès que la moindre parcelle de sagesse est entrée dans l'esprit d'un homme, il aspire à la solitude.” Cette citation d’Alexandra Neel, exploratrice érudite et bouddhiste, semble pointer une évidence : le sage désire être seul en s'éloignant de la foule. De nombreux philosophes, comme Nietzsche ou Schopenhauer, vantent l’importance de la solitude, mais certains tiennent une position différente : le sage ou le philosophe ne peut être heureux qu’en se mélangeant à la société et en participant au bonheur d’autrui.


Le débat prit une place importante au sein des philosophes arabo-musulmans. En effet, Al-Farabi (872-950), profondément influencé par Platon, estime qu’il n’est pas possible d’acquérir le bonheur pour un philosophe ou un sage sans participer à la vie de la société. Partisan de l’idée du philosophe-roi, ce dernier doit modifier la société dans laquelle il vit pour que chacun des citoyens participent à l’acquisition du bonheur. Ce n’est donc pas sans rappeler le mythe de la caverne de Platon, invitant le philosophe libéré de ses chaînes à redescendre dans la caverne pour partager ce qu’il a vu auprès des autres prisonniers.