Le plan de Macron pour "transformer" la présence militaire française au Sahel


Emmanuel Macron a annoncé une "transformation profonde" de la présence militaire française au Sahel, et la mise en place d'une alliance internationale anti-djihadiste dans la région. La modalité et le calendrier seront annoncés dans les semaines à venir, a déclaré le président de la République.


Paris déploie quelque 5100 soldats contre les djihadistes affiliés au groupe Etat islamique et à Al-Qaïda, un soutien de taille aux armées affaiblies des Etats du Sahel qui peinent à les combattre seules. Mi-février, lors d'un sommet à N'Djamena avec les partenaires du G5 Sahel, le président français avait repoussé la décision attendue d'entamer le retrait et finalement annoncé que Paris ne comptait pas réduire "dans l'immédiat" les effectifs de Barkhane.


La situation s'est compliquée ces dernières semaines, d'une part avec la mort brutale du président Idriss Déby au Tchad, et surtout d'autre part avec le deuxième coup d'Etat en neuf mois au Mali, pays central de l'opération Barkhane. Les soubresauts politiques au Mali soulèvent la question de la présence française, notamment car une partie des dirigeants maliens souhaitent entamer un processus de négociation avec certains groupes djihadistes.

La France a déjà annoncé le gel de ses opérations conjointes avec l'armée malienne pour condamner le coup d'Etat et soutient les pressions internationales exercées par la Cédéao (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) et l'Union africaine pour pousser les autorités maliennes à organiser une transition vers un pouvoir civil et des élections en 2022.


La France mise tout particulièrement sur la montée en puissance du groupement de forces spéciales européennes Takuba, qu'elle a initiée et qui rassemble aujourd'hui au Mali 600 hommes dont une moitié de Français, ainsi que quelques dizaines d'Estoniens et de Tchèques et près de 140 Suédois.


AFP

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