Le port de la jupe est-il la cause du harcèlement ?


Lorsque nous voyons un vêtement et que nous imaginons le porter, certaines questions nous traversent : est-il beau ? Confortable (qualités de l'objet) ? Comment nous va-t-il (façon dont il altère la représentation de notre personne, y compris pour les autres) ? Nous décidons, après avoir imaginé les effets probables du fait de s’en vêtir, si nous le mettons ou si nous ne le mettons pas. Bien des personnes, sachant qu'au port d'une jupe peuvent s'ensuivre des actes de harcèlement, se retiendront de le faire. Cependant, nous supposons que nul ne désire être malheureux et que se faire harceler ne procure que du malheur. Ainsi, s'il existe un désir de porter une jupe et que l'on choisit d'en porter, pour des raisons notamment esthétique et de confort, il est logiquement impossible que ce soit à des fins de harcèlement.


Là où nous sommes responsables du choix du vêtement, nous ne le sommes pas des actions des autres qui s'ensuivent en rapport avec celui-ci. Il faudrait sinon admettre que les phénomènes qui se suivent ont nécessairement un lien de causalité. Nous préférons à cette conception de la cause, celle que propose Cicéron dans le De Fato: « la cause ne doit pas être comprise comme ce qui précède chaque événement, mais comme ce qui le précède en le produisant ».


Or l'acte de harceler est, comme pour l'exemple du vêtement, précédé par une délibération et in fine, produit par un choix dont il n'est que la traduction. Les actions humaines reposant ainsi sur le libre-arbitre sont contingentes. Seuls les êtres considérés non-autonomes, comme les enfants et les fous, peuvent être tenus pour moins responsables de leurs choix que les autres. Le harcelé, par le choix de sa tenue, n'est aucunement la cause du choix du harceleur, seule la volonté de ce dernier l'est.


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