Le postmodernisme en philosophie


Le postmodernisme, au sens philosophique du terme, est popularisé par le philosophe post-structuraliste français Jean-François Lyotard dans un essai de 1979 intitulé La Condition postmoderne : rapport sur le savoir. Dans cet ouvrage, l’auteur caractérise d’abord la période moderne comme la croyance en l’existence du progrès ainsi qu’en l’existence d’une façon unique d’accéder à la vérité (qu’il s’agit alors de découvrir). Cela correspond en grande partie à l’époque dite des Lumières, fortement marquée par la volonté de démystification et de rationalisation du monde.


Or, Lyotard explique que nous sommes sortis de cette condition moderne et de l’illusion de la possibilité d’une façon unique d’accéder à la vérité. Il définit la postmodernité comme la fin de la crédulité à l’égard de ce qu’il nomme les “métarécits”, concept-clé de ce mouvement. Un métarécit est un discours à portée générale qui permet de comprendre et d’expliquer les situations individuelles. Par exemple, on peut expliquer une situation individuelle de chômage par le métarécit de l’incompétence du personnel politique ou des discriminations. Cela ne signifie pas que ces récits soient nécessairement faux, mais simplement qu’il existe une pluralité de discours qui peuvent être plus ou moins vrais.


On retrouve cette conception postmoderne dans l’épistémologie de Thomas Kuhn. Ce dernier, dans La Structure des révolutions scientifiques, met en avance le concept de paradigme. Un paradigme est un ensemble de valeurs et de normes par lequel des individus comprennent le monde qui les entoure, ce qui renvoie implicitement aux métarécits de Jean-François Lyotard. Kuhn insiste sur l'incommensurabilité de la valeur de ces paradigmes, défendant ainsi l’idée postmoderne selon laquelle il existe plusieurs moyens d’accéder à la vérité.


Auteur: Guillaume O

Rédacteur en chef: Edgar B.