Le Premier ministre dénonce une tentative de putsch, les Arméniens dans la rue


Le Premier ministre arménien, réunissant des milliers de ses partisans, a affirmé jeudi avoir contré une tentative de putsch, mais l'opposition restait mobilisée dans la rue contre celui qu'elle juge responsable d'une humiliante défaite militaire au Nagorny Karabakh. L’état-major de l'armée avait réclamé après le limogeage d'un gradé de haut rang la démission de Nikol Pachinian, "une tentative de coup d'Etat" selon ce dernier. Aucun mouvement de troupes n'a cependant été constaté et le ministère de la Défense a jugé "inacceptable d'entraîner (l'armée) dans des processus politiques". Le Premier ministre a aussi appelé ses généraux à rentrer dans le rang, limogeant le chef d'état-major et s'adressant à quelque 20.000 de ses sympathisants rassemblés dans la capitale. Entre 10.000 et 13.000 manifestants de l'opposition appelaient au même moment au départ du chef du gouvernement, arrivé au pouvoir au printemps 2018 à l'issue d'une révolution.

Jusqu'ici, le Premier ministre avait le soutien de l'état-major. A la fin de la guerre, celui-ci et Nikol Pachinian avaient accepté les conditions d'un cessez-le-feu négocié par Vladimir Poutine et qui impliquaient d'importantes pertes de territoires sous contrôle arménien depuis les années 1990. Si l'essentiel de la région séparatiste arménienne du Nagorny Karabakh a survécu, l'Arménie a perdu la ville symbolique de Choucha, ainsi qu'un glacis de territoires azerbaïdjanais entourant la région. Cette défaite a été vécue comme une humiliation nationale.


Reuters/AFP