Le Sport comme objet philosophique


Tâchons de prendre de la distance avec le sport en tant que phénomène de société, et intéressons-nous à sa valeur intrinsèque. Objet philosophique tout à fait légitime, il pose la question du corps et de l’esprit. Alors que l’approche philosophique gréco-classique relègue la pratique sportive au second rang et fait du corps humain une simple prison de chair abritant l’esprit (logos), certains philosophes modernes abordent le sport différemment.


Michel Serres, philosophe sportif, rejette la primauté absolue de l’esprit, et va jusqu’à affirmer que ses professeurs de sport lui ont appris à penser. Il faut alors comprendre le terme « penser » comme toute activité concernant la réflexion. Selon lui, le corps devance l’esprit en termes d’invention, d’intuition ou d’adaptation. C’est à lui seul un logiciel. Michel Serres évoque un « corps-support », support de l’apprentissage, qu’il faudrait remettre au centre de l’enseignement.

Le philosophe Alain, dans ses célèbres Propos, désigne quant à lui le sport comme un moyen de parvenir au bonheur. Pour l’atteindre, il vaut mieux tout faire pour se prémunir contre la passion. Pour cela, il considère que la raison ne peut rien. Seul le corps peut répondre à d’autres mouvements du corps. Ainsi, Alain prône les vertus cathartiques du sport.

Discipline du corps ou traduction d’une volonté de l’âme, la pratique sportive est inhérente à la vie humaine. Avec différentes activités, raisons et usages, le sport n’en est pas moins, pour tous, une source de réflexion inépuisable.


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