Le stade éthique selon Søren Kierkegaard


La philosophie de Søren Kierkegaard s’articule autour du concept de “stades d’existence”. Au nombre de trois, ils définissent différentes manières de se rapporter à l’existence et au réel : le stade esthétique renvoie à l’indifférence et à la jouissance, tandis que le stade religieux touche la foi en l’absurdité ; on retrouve entre ces deux stades, le stade éthique, qui est le stade de la maturité et de l’engagement.


Le stade éthique est défini dans l’Alternative comme celui du “devenir soi”, de la réalisation individuelle. Elle n’est rendue possible que par un choix initiatique au travers duquel l’individu se définit par sa capacité à faire ses propres choix et à tenir ses engagements. En effet, il n’y a de liberté dans l'éthique que par le renoncement : choisir une chose c’est renoncer à d’autres, renoncer c’est être libre.


Néanmoins, si l’éthique puise sa source dans l’agir libre, il subsiste toujours un besoin de médiation : l’approbation d’autrui pour s’accomplir. Kierkegaard souligne dans Crainte et tremblement la nécessité pour l’individu de se “rendre manifeste” à la communauté qui l’entoure et en même temps, de se soumettre aux règles de celle-ci. Ainsi la liberté n’est pas absolue car elle présuppose une forme de conformisme aux us et coutumes d’une communauté. Cette liberté éthique serait donc une liberté sous condition, supposant le respect des règles et de la morale pour permettre la réalisation de l’individu.


Auteur: Emma V

Rédactrice en chef : Gwladys N.