Le Vélodrome, coffre à trésors des Rolling Stones


"On se sent chez les Stones, ils ouvrent l'armoire à secrets", s'enthousiasme auprès de l'AFP Philippe Manoeuvre, célèbre critique-rock, parrain du rendez-vous, qui débute ce jeudi, jusqu'au 5 septembre. L'homme aux éternelles lunettes noires ne pouvait mieux dire. Au début de l'espace de 2.000 m2 dédié dans les entrailles du stade de foot marseillais, le spectateur passe par une reconstitution grandeur réelle du premier appartement londonien déglingué du groupe. Bienvenue au 102 Edith Grove, entre vaisselle sale qui déborde, monceaux de mégots et bouteilles de bières renversées. Sur la platine du salon, un Howlin' Wolf tourne, tandis qu'une pochette de Bo Diddley est en évidence sur la moquette miteuse. Les racines des Stones --la musique noire américaine-- sont là. Parmi les 400 pièces présentées, on voit aussi le premier contrat discographique du groupe, raturé, car il ne leur convenait pas. Aux côtés des guitares de Keith Richards, on découvre dans une vitrine un dulcimer, sorte de double luth. Cet instrument rare fut joué par Brian Jones, l'ange maudit des Stones, poly-instrumentiste de génie, membre fondateur du groupe décédé en 1969. L'exposition "Unzipped" ("Déboutonné"), au visuel de fermeture éclair qui renvoie à la pochette de l'album "Sticky fingers" sorti il y a 50 ans, se termine en immersion dans un show mythique donné à Cuba. Inaugurée en 2016 à Londres, cette expo-blockbuster ne passe en France qu'à Marseille et ira ensuite à Toronto. La cité phocéenne et les Stones, c'est une longue histoire, très rock'n'roll puisqu'elle commence par une arcade sourcilière en sang.


AFP



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