Les Algériens aux urnes pour les premières législatives depuis la contestation


Les Algériens choisissent samedi leurs députés lors d'élections anticipées, rejetées par le mouvement contestataire du Hirak et une partie de l'opposition. Il s'agit des premières législatives depuis le soulèvement populaire inédit et pacifique, né le 22 février 2019 du rejet d'un 5e mandat du président Abdelaziz Bouteflika, poussé près de deux mois plus tard à la démission après 20 ans de règne.


Principal enjeu: la participation qui s'annonce à nouveau faible, comme pour les précédentes consultations électorales, marquées par une abstention historique. A 16H00, le taux de participation national a atteint 14,47% selon l'Autorité nationale indépendante des élections.


Avant les élections, le Hirak, qui réclame en vain un changement radical du "système" de gouvernance en place depuis l'indépendance (1962), a dénoncé une "mascarade électorale". L'opposition laïque et de gauche boycotte le scrutin. Le régime lui est déterminé à imposer sa feuille de route électoraliste, en ignorant les revendications du Hirak (Etat de droit, souveraineté populaire, justice indépendante).


Considéré comme une façade civile de l'institution militaire, le gouvernement s'est efforcé ces derniers mois d'étouffer la contestation, interdisant les manifestations et multipliant les interpellations et les poursuites judiciaires visant opposants, journalistes et avocats. Quelque 222 personnes sont actuellement incarcérées pour des faits en lien avec le Hirak, selon le comité national pour la libération des détenus.


AFP