Les Algériens ont massivement boycotté le référendum constitutionnel


Appelés à entériner une révision constitutionnelle censée fonder une "nouvelle République", les Algériens ont massivement boycotté dimanche premier novembre - date à laquelle la guerre d'indépendance a débuté en 1954 - un référendum qui s'est tenu en l'absence de son initiateur, le président Abdelmadjid Tebboune, hospitalisé à l'étranger.


Le taux de participation final s'est établi à 23,7%, a annoncé Mohamed Charfi, président de l'Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), un plus bas historique pour un scrutin majeur.Cette abstention record constitue un revers cinglant, sinon humiliant pour un régime confronté depuis février 2019 à un soulèvement populaire inédit, le "Hirak”.


Les "hirakistes" ont rejeté "sur le fond et la forme" une initiative qui met en avant une série de droits et de libertés mais n'offre pas de changement politique majeur puisqu’elle maintient l'essentiel d'un régime présidentiel fort.La jeunesse protestataire réclame depuis février 2019 un profond changement du "système" en place depuis l'indépendance.En vain jusqu'à présent, même si le mouvement a poussé Abdelaziz Bouteflika à la démission en avril 2019 après vingt ans de règne.


Le scrutin s'est déroulé dans un climat de répression "implacable" ciblant militants du "Hirak", opposants politiques, journalistes et internautes, selon les défenseurs des droits humains.Selon le CNLD, quelque 90 personnes sont actuellement derrière les barreaux, la plupart pour des publications sur Facebook.


Reuters/AFP