Les Chypriotes-turcs élisent leur dirigeant, Ankara suit de près


L'autoproclamée République turque de Chypre-Nord (RTCN), reconnue par la seule Turquie, vote dimanche 11 octobre pour élire son dirigeant, un scrutin qui oppose principalement le président sortant et critique du chef de l'Etat turc Recep Tayyip Erdogan au candidat d'Ankara.


L'élection présidentielle a lieu sur fond de tensions en Méditerranée orientale autour de l'exploitation d'hydrocarbures entre Ankara et Athènes, principal allié de la République de Chypre qui exerce son autorité sur les deux tiers sud de l'île et est membre de l'Union européenne. La RTCN (environ 300.000 habitants) est établie sur le tiers nord de l'île méditerranéenne, occupé depuis 1974 par la Turquie en réaction à un coup d'Etat pour rattacher Chypre à la Grèce.


Considérant Chypre comme une pièce majeure dans sa stratégie visant à étendre ses frontières maritimes, Ankara suit de près l'élection en RTCN. Onze candidats sont en lice, dont le président sortant, favori dans les sondages, Mustafa Akinci, un social-démocrate de 72 ans partisan de la réunification de l'île et d'un desserrement des liens avec Ankara, ce qui lui vaut l'hostilité de M. Erdogan. La Turquie soutient le nationaliste Ersin Tatar, 60 ans, actuellement Premier ministre du gouvernement auquel revient une grande partie des pouvoirs exécutifs en RTCN.


Les négociations pour une réunification de l'île achoppent notamment sur la question du retrait des quelque 30.000 soldats turcs présents dans le tiers nord occupé. L'élection en RTCN, qui dépend économiquement de la Turquie, a aussi lieu dans un contexte de crise économique, amplifiée par la pandémie de Covid-19 qui avait entraîné la fermeture totale pendant des mois de l'aéroport d'Ercan et des points de passage vers le sud de l'île..


Reuters/AFP

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