Les députés entament l'examen du texte controversé sur la "sécurité globale"


Police municipale, sécurité privée, guerre des images: les députés s'attellent mardi à une kyrielle de mesures sécuritaires portées par LREM et son allié Agir, dont l'encadrement controversé de la diffusion de l'image des policiers et gendarmes, ce qui fait bondir les défenseurs des libertés publiques.


Au menu à partir de la fin de journée du mardi 17 novembre, avec quelque 1.300 amendements à la clé, la proposition de loi dite de "sécurité globale" ne devait être initialement que la traduction d'un rapport parlementaire consacré au "continuum de la sécurité" avec de nouvelles prérogatives pour les polices municipales et la structuration du secteur de la sécurité privée.


Les députés aborderont d'abord ces deux thématiques réputées plus consensuelles, mais qui n'échapperont pas aux banderilles des oppositions, les communistes rejetant en bloc un "désengagement de l'Etat sur ses missions régaliennes". A l'inverse, le groupe Agir souhaite aller plus loin et notamment généraliser l'armement de la police municipale. Pour la majorité, le dernier versant du texte sera le plus périlleux avec une série de mesures sécuritaires pour lesquelles la place Beauvau a tenu la plume.


La disposition la plus polémique est l'article 24, qui prévoit de pénaliser d'un an de prison et de 45.000 euros d'amende la diffusion de l'image du visage ou tout autre élément d'identification d'un policier ou d'un gendarme en intervention lorsque celle-ci a pour but de porter "atteinte à son intégrité physique ou psychique". La mesure fait bondir représentants des journalistes et défenseurs des libertés publiques, qui fustigent "une grave atteinte" au droit de la presse. Des experts indépendants mandatés par l'ONU ont aussi récemment redouté "des atteintes importantes" aux "libertés fondamentales".


Reuters/AFP

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