Les Kirghiz élisent leur président, le populiste Japarov favori


L'ascension fulgurante de M. Japarov, de la geôle où il purgeait une peine pour prise d'otage aux portes de la présidence, illustre les parcours inattendus que peuvent connaître les responsables politiques kirghiz, saluée pour son pluralisme mais considérée comme la plus instable de la région.


Les critiques de Sadyr Japarov craignent néanmoins que sa victoire ne débouche sur un pouvoir autoritaire. A 16H00 locales, le taux de participation atteignait 26,5%. En plus de la présidentielle, les Kirghiz se prononcent aussi dimanche sur des amendements constitutionnels destinés à modifier le régime politique du pays, en donnant la primauté soit au Parlement, soit à la présidence.


Lors de la grave crise politique d'octobre, provoquée par des élections législatives jugées truquées par l'opposition, Sadyr Japarov avait été libéré de prison par ses partisans, avant qu'un tribunal n'annule sa condamnation.


Il a depuis redoublé d'efforts pour se présenter comme un ennemi du crime organisé et de la corruption. Ses détracteurs lui prêtent pourtant des liens avec la pègre. Avec une économie mise à mal par la pandémie de coronavirus, le prochain président devra s'accommoder d'une plus grande dépendance envers le grand voisin chinois et la Russie, pays allié où travaillent des centaines de milliers de Kirghiz.


Le Kirghizstan, qui a connu deux révolutions en 2005 et 2010 ainsi que des épisodes de violences interethniques, est un habitué des crises politiques.Les législatives contestées d'octobre avaient été annulées par les autorités dans l'espoir de régler la crise mais le président d'alors, Sooronbaï Jeenbekov, avait dû céder et démissionner deux semaines plus tard, sous la pression des partisans de Japarov.


Reuters/AFP

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