Les Libanais marquent le 1er anniversaire de leur "révolution"


Des centaines de Libanais ont défilé samedi 17 octobre à Beyrouth pour marquer le premier anniversaire d'un soulèvement populaire inédit, déclenché contre une élite politique accusée de corruption et d'incompétence sans toutefois entraîner de véritables changements dans un pays en plein effondrement économique. Deux gouvernements ont démissionné depuis le début de la contestation le 17 octobre 2019. Mais les mêmes politiciens, les mêmes partis et les mêmes familles patriciennes monopolisent toujours le pouvoir.


Samedi, des centaines de manifestants brandissant des drapeaux libanais ont défilé à travers Beyrouth. Partis de l'emblématique place des Martyrs, épicentre de la contestation, ils sont passés devant la Banque centrale, vilipendée pour la crise économique, avant de se diriger vers le port, où une explosion cataclysmique a fait plus de 200 morts et 6.500 blessés le 04 août.


Mais dans un pays traumatisé et éreinté par la crise économique, les rassemblements monstres des débuts, mobilisant certains jours des centaines de milliers de personnes, sont devenus de plus en plus sporadiques et ont été violemment dispersés par les forces de l'ordre. Face au port, des protestataires ont installé une sculpture en métal représentant une torche, sur laquelle était gravé en arabe "révolution du 17 octobre".


La contestation avait éclaté en raison d'une taxe gouvernementale sur l'utilisation de WhatsApp. Si les autorités ont rapidement supprimé cette mesure, le soulèvement avait gagné l'ensemble du pays, illustrant un ras-le-bol généralisé contre un système sclérosé, des services publics quasi inexistants et une économie en déliquescence. Depuis un an, la situation a encore empiré avec un effondrement de la monnaie nationale et des restrictions bancaires draconiennes sur les retraits et les transferts à l'étranger.


Reuters/AFP