Les Verts allemands lancent Annalena Baerbock dans la course à la chancellerie


Les Verts allemands ont fait un pari audacieux en lançant Annalena Baerbock, leur coprésidente, longtemps cantonnée aux seconds rôles, dans la course pour la chancellerie, avec pour mission de mener le parti vers une participation décisive au gouvernement. Cette juriste âgée de 40 ans, femme de dossiers et ancienne athlète, a eu les faveurs du comité exécutif au détriment de son binôme Robert Habeck, avec lequel elle dirige le parti depuis 2018. A la différence des conservateurs, qui se déchirent ouvertement pour la succession d'Angela Merkel, les Verts ont joué la carte de l'harmonie. Outre la protection du climat qualifiée de "mission de notre époque", la candidate a estimé nécessaire d'investir davantage dans le système éducatif, plaidé pour une "société cosmopolite" et parlé d'une "Allemagne au coeur de l'Europe". L'enjeu est de taille pour les Verts qui n’ont jusqu’ici qu’été partenaires minoritaires dans une coalition gouvernementale dirigée par le social-démocrate Gerhard Schröder, entre 1998 et 2005. Plébiscités lors des élections européennes où ils ont dépassé les 20% de voix, les Verts participent à l'heure actuelle à 11 des 16 gouvernements régionaux et s’imposent comme la deuxième force politique du pays, derrière l'Union chrétienne-démocrate (CDU) d'Angela Merkel. Crédités de 20% à 23% des intentions de vote, ils talonnent la CDU (27% à 28%) en pleine dégringolade et déboussolée par le prochain retrait de la chancelière de la vie politique. Une alliance entre les Verts et les conservateurs à l'issue du scrutin n'est donc plus un scénario irréaliste.


AFP/Reuters