Levée des brevets sur les vaccins: l'UE renvoie la balle à Washington


L'annonce surprise du soutien de l'administration de Joe Biden à la levée des brevets sur les vaccins contre le Covid-19 afin d'en accélérer la production et la distribution aux pays pauvres a bousculé l'agenda des Européens, réunis en sommet pendant deux jours à Porto.


Les Vingt-Sept se sont très majoritairement montrés sceptiques sur cette proposition, y voyant un coup médiatique de la nouvelle administration américaine. Ils ont en riposte revendiqué haut et fort la politique la plus généreuse en matière d'exportations de vaccins et appelé Washington à les imiter. Les Européens estiment que la production et l'exportation de vaccins à partir des usines existantes est le meilleur moyen pour répondre rapidement à la demande mondiale. Ils soulignent que l'UE est la "seule région démocratique" à exporter autant de vaccins, tandis que Britanniques et Américains ont fait le choix de réserver leur production à leur propre population.


Sur 400 millions de doses déjà produites dans l'Union européenne, environ 50% sont parties vers 90 pays. Par un nouveau contrat avec Pfizer-BioNTech a été annoncé pour garantir à l'UE jusqu'à 1,8 milliard de doses, soit bien plus que ses besoins propres. Ursula von der Leyen a expliqué que les vaccins excédentaires pourraient être donnés ou revendus à des pays tiers. Les Etats-Unis ont mis en place sous la présidence de Donald Trump, un décret nommé "Defense Production Act", qui exige que les Américains aient la priorité sur les vaccins fabriqués dans leur pays, restreignant de facto les exportations de doses fabriquées aux États-Unis, mais aussi de composants. Les Européens sont néanmoins partagés entre ceux qui, comme l'Allemagne, s'opposent à la proposition, et ceux qui veulent faire preuve d'ouverture sur la question, souligne une source européenne.


AFP