Liberté de conscience et devoir d’informer : les médias peuvent-ils dire ce qu’ils pensent ?


CNews est dans le collimateur du Conseil d’État et du CSA. Plusieurs fois mise en demeure, la chaîne talonne BFMTV avec 2,2% des parts d’audience en mai 2021, contre 2,6% pour BFMTV. Jugée complaisante envers l’extrême droite, on l’accuse de ne pas respecter le pluralisme politique dans ses émissions, notamment celles conduites par Eric Zemmour. Ce dernier a été condamné plusieurs fois pour incitation à la haine raciale ou religieuse, et pourrait se présenter aux présidentielles de 2022. Le sociologue Olivier Voirol soutient que la politisation d’un média peut stigmatiser n’importe quelle communauté. Faisant le constat de la croissance exponentielle des médias, il note que les images médiatisées prennent le pas sur les images réelles. Les populations ne se rencontrent plus dans l’immédiat. Elles se rencontrent par écran interposé, dans un espace médiatisé. Cet espace peut être un formidable moyen de partage et donner à voir encore plus de points de vue. À contrario, il peut être aussi un miroir déformant. Si les musulmans et les immigrés sont uniquement présentés sous l’angle de la menace, sans laisser voir d’autres perspectives possibles, alors notre perception de la réalité est faussée : on ne voit que la partie émergée de l’iceberg. Un média non objectif peut donc stigmatiser. Aujourd’hui, de plus en plus de médias comme CNews mais aussi Valeurs Actuelles, FranceSoir ou encore Paris Première sont accusés de complaisance envers l’extrême droite. Cependant, ces mêmes médias accusent « l’autre camp » de bienpensance et d’aller à l’encontre de la liberté d’expression. Ils les accusent de les stigmatiser eux-mêmes en les diabolisant. Les médias doivent-ils nécessairement être tendre vers l'objectivité pour garantir la liberté de pensée? La confrontation des opinions doit-elle se faire par chaîne interposée, ou par invité politique?


Auteur: Valentine C.

Rédacteur en chef: Styven Darondeau

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