Littérature : Boris Vian, L’écume des jours


« - Et vous, que faîtes-vous dans la vie ? - Moi, j'apprends des choses, et j'aime Chloé. » Colin, amoureux de Chloé, est le personnage principal de « l’Ecume des jours » de Boris Vian. Ce jeune homme, présenté comme banal, passe de l’enchantement de l’amour à la désillusion de la vie et des règles qui la régissent. Boris Vian publie ce roman, qualifié de « conte » par Raymond Queneau, en mars 1947. Dès les premières pages, nous découvrons Colin et le monde à part que propose Boris Vian. En marge de la société, il éprouve de la répulsion pour la violence et le travail. Il préfère se laisser bercer par l’amour, le jazz et les cocktails créés par chaque mélodie de son Pianocktail. Chuck, son ami à la situation financière précaire, rencontre Alise. Colin, désireux de connaître le même amour, s’éprend peu de temps après de Chloé. Les couples se lient d’un amour pur et léger, jusqu’à l’annonce de la maladie de Chloé : elle a un nénuphar dans le poumon droit. C’est alors que nous basculons dans un monde métaphorique qui sous des traits de maladie poétique met en avant l’absurdité et la dureté de la vie. Le travail devient nécessaire pour payer les soins médicaux, l’appartement rétrécit, la lumière se fait rare. Les mots épousent ce monde poétique et fantastique où tout semble absurde sans l’être vraiment. Dans ce conte tragique, Vian fait, en effet, appel à différents procédés pour jouer avec notre langue et ainsi raconter l’histoire de Colin en détournant nos repères. Les jeux de mots, le basculement d’un registre à un autre et la création de nombreux néologismes permettent la création de ce nouvel univers littéraire. Entre histoire d’amour et réquisitoire contre la société, L’écume des jours offre différentes grilles de lecture. A savourer autour d’un Pianocktail.

Auteur: Miryam Kchibl


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