Littérature: Fahrenheit 451 de Ray Bradbury


Bradbury naît en 1920 et voit avec effroi la montée de régimes totalitaires qui censurent les artistes et les esprits. Les autodafés de 1933 en Allemagne ou encore le maccarthysme en Amérique durant la guerre froide ont poussé l’auteur à réagir. Fahrenheit 451 est un rappel qui résonne comme un dernier avertissement contre des esprits critiques en perdition face à la mise à mort de la culture, et en particulier des livres.


L’auteur nous plonge dans un monde dystopique où les pompiers doivent désormais mettre le feu aux maisons jugées dangereuses et illégales car contenant des livres. Le gouvernement a interdit les livres: ils ne décrivent pas de vrais gens, ils ne représentent pas la réalité et nous en éloigneraient. Les livres deviennent dangereux, et cette diabolisation s’est légitimée en premier lieu par une perte d'intérêt des populations pour la lecture.


En effet, Bradbury dénonce aussi les media de masse à travers la femme de Montag, le héros, vecteurs selon lui d’obscurantisme et d’un abrutissement de la société, détournant les gens des affaires importantes. Ainsi Fahrenheit 451 (la température à laquelle brûle le papier) décrit la prise de conscience progressive de Montag, un pompier, sa remise en question, ses rencontres, sa fuite, puis son combat. Dépossédé, il ne lui reste que les livres, car d’après Edouard Herriot, “la culture est ce qui demeure en l’homme lorsqu’il a tout oublié”.


Auteur: Louise B

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